Un blog pour le “Oui” à la Constitution Européenne
On apprend dans un article du Monde daté du 11 janvier 2005 que : "le club Dialogue et Initiative, dont Jean-Pierre Raffarin est l’un des fondateurs et inspirateurs, entend "occuper toute sa place" dans la campagne en faveur du "oui". Les dirigeants de Dialogue et Initiative, dont son nouveau président Dominique Perben, garde des Sceaux, doivent présenter mercredi leur campagne en faveur du "oui" et exposer à cette occasion "le premier blog entièrement dédié au ‘oui’ au référendum".
Sur la page d’acceuil du club Dialogue et Initiative ont peu trouver un lien vers ce blog. Il n’est pas encore ouvert mais on a déjà le titre : Les Amis du Oui…
Aux Etats-Unis, les élections présidentielles avaient été marquées par une montée en puissance des blogs dans le débat publique et la politique, le référendum sur la Constitution Européenne devrait avoir les mêmes effets en France et en Europe.
Par la même occasion je vous conseille Publius et Europeus pour décrypter les enjeux de la Constitution et participer au débat. Pour les plus courageux voici la version PDF du texte de la Constitution Européenne.
[MAJ 16/04/2005] Je ferme les commentaires de cette note. Des petits malins essayent de profiter du bon référencement de cette note. Désolé pour les autres.
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Commentaires
18 Commentaires à “Un blog pour le “Oui” à la Constitution Européenne”
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le NON aussi possède des amis :
http://www.lesamisdunon.com
;))
Cyrille,
Merci pour la mention d’Europeus. Très intéressante - et effrayante - également la note “viré pour avoir blogué”. Raffarin risquerait-il de suivre le même chemin :)?
je pense que les 1OO minutes de DSK
ont été convainquantes pour les amis du OUI.
un site:
http://oui.site.voila.fr
le OUI, c’est AUJOURD’HUI !
jean yves metayer
fraternellement
Pourquoi ne donner que des adresses de oui-ouistes ?
Voilà d’autre adresses pour voir autrement…
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2081
http://www.france.attac.org/r623
http://www.urfig.org/REPONSES%20AUX%20ELEPHANTS%20QUI%20TROMPENT%20ENORMEMENT.doc
http://www.urfig.org/discours%20prix%20des%20Amis%20du%20Monde%20diplo.doc
Tu viens de le faire je crois…
Européens, ce sont ceux qui disent l’être le plus qui le sont le moins
Une constitution européenne pour quoi faire?
Au plan politique, cela sert surtout à développer la mondialisation et à diluer les démocraties européennes dans un super-Etat bureaucratique européen.
Le “NON” à cette constitution est un NON européen, alors que le “OUI” à la constitution européenne est un OUI mondialiste.
On nous prend pour des billes en nous présentant cette offensive mondialiste comme étant une avancée européenne…
Etre européen c’est voter “NON”. Le NON n’est pas un “NON” négatif. Voter “NON” c’est affirmer et défendre son identité européenne.
>
Quelle surprise ce sondage et voilà une drôle de décrue du OUI ; il y a peu on le donnait gagnant avec 60% ! Perdre 11 points en quelques semaines c’est peu commun ! En réalité, tout ce que montre ce sondage c’est que le sort du vote se jouera sur la bonne volonté des abstentionnistes et de ceux qui votent blanc. Si une partie de ces derniers acceptent de se prononcer par un vote effectif cela créera un écart certain.
De plus en plus d’abstentionnistes en ont marre de supporter, élections après élections, des politiciens pourris et savent bien qu’étendre un système vicié à toute l’Europe ne réglera rien, bien au contraire. Non seulement, la nouvelle version européo-mondialisante du système sera pire que la précédente, mais encore le système sera plus puissant - car globalisé - et au surplus son champ de nuisance sera élargi. Si une partie des abstentionnistes décide à la dernière minute de dire BASTA! dans les urnes, pour une fois, le 29 mai prochain, je peux vous assurer que ce n’est pas avec 51% que le NON l’emportera ! ! !
29 MAI 2005 : NE NOUS ABSTENONS PAS DE DIRE NON !
Elections après élections, encore le truc du “tous pourris”… c’est un peu fatigant je trouve. Tu proposes quoi à la place ?
bonjour,
Je vous pose un question : qu’est ce que pour vous la démocratie? un dollar=une voie ou un homme=un voie.
Le débat est quasi absent, personne n’a lu la constitution ni ceux qui en parlnte encore moins les autres. Comment peut-on voter pour quelque chose dont on ne nous explique même pas les enjeux, sauf voter beni-oui-oui c’est ça la démocratie?, lorsque l’on ne connnait pas le résultat avant l’élection, ce n’et pas de la démocratie, car le marché n’aime pas (la bourse baisse).
Les chantres du oui libérale n’ont aucun argument pour les salariers, même s’il est évidement qu’en tant qu’actionnaire il faille voter oui. Et pour cela moi je demande que l’on lanc eun vrai débat et un evrai campagne.
oui à l’Europe, non à la misère des salaririers, non à lEurope des milliadaires et des plutocrates.
Referendum Wars - L’attaque des clones
*********
“L’Europe mérite mieux qu’un simple mouvement d’humeur. Il faudra sanctionner en 2007 mais, aujourd’hui, c’est l’Europe qu’il faut porter”
François Hollande, 31 mars 2005
*********
“L’Europe c’est la famille, et on ne réagit pas avec humeur contre la famille”
Nicolas Sarkozy, 31 mars 2005
**********
Les partisans du OUI décrochent complètement dans cette campagne référendaire… Totalement à côté de la plaque les clones du parti unique oui-ouiste…
Monsieur Sarkozy n’a pas compris que nous ne sommes pas de la même famille européenne ; la sienne celle des élites du pouvoir technocratique et de l’argent, la nôtre celle des peuples européens et des démocraties européennes.
Et tous prennent pour mouvement d’humeur une lame de fond de conviction… Et les Français pour “débiles d’en bas”…
Cela risque de leur faire tout drôle le soir du 29 mai…
La phrase qui tue…
“Le sort de la France, le sort des Français, comme le sort des Européens en général, se jouent de plus en plus au terme d’une discussion entre les dirigeants”
Jacques CHIRAC (Tokyo, 27 mars 2005)
Chirac a très bien résumé ici la dérive anti-démocratique de la mondialisation politique. Fini les peuples qui, par leurs suffrages, décident de leur avenir. Leur sort est désormais aux mains des vrais décideurs : les dirigeants et autres bureaucrates éclairés.
Chirac ne fait que confirmer ici l’importance démocratique du référendum (une chance unique d’expression du peuple sur un sujet majeur), et la nécessité de dire NON à la globalisation politique qui dilue les démocraties nationales dans un cadre euro-mondialiste de plus en plus large. Plus le cadre politique européen s’élargit, plus les européens se trouvent éloignés des centres de décision et plus leur capacité de décider de leur sort se trouve réduite. La bureaucratie et la globalisation politique européennes tuent la démocratie. Merci à Chirac de l’avoir dit si clairement. On pensait que Bayrou était le OUI-OUI le plus nul, mais à bien y réfléchir Chirac apparaît comme un sérieux challenger… Il sait trouver les mots justes pour convaincre de voter NON à la constitution européenne !
“Personnellement, je suis opposé à tout référendum”
“C’est un mauvais instrument parce qu’on lie tout à tout, dans un référendum.”
“Il y a deux formes de démocraties. Il y a les démocraties directes et les démocraties représentatives. Moi je suis partisan de la démocratie représentative et les référendums n’ont pas de place dans cette forme de démocratie (…) Les élus doivent décider. C’est pour cela qu’ils ont été élus.”
Frits Bolkestein, 6 avril 2005, sur France Inter
********
Il y en a qui ont dû regretter de l’avoir invité… Voilà un techno-bureaucrate qui tient peu de cas de la souveraineté populaire (fondement de la démocratie) ! Quel aveu ! Par ses propos, il illustre à merveille tout le danger de la technocratie bruxelloise pour les démocraties européennes et la liberté des peuples européens.
Non à leur « démocratie » à la sauce Frankenstein. Non à leur constitution européenne !
sans doute l’un des meilleurs textes qui m’ait été donné de lire sur le sujet de la constitution européenne : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/
Sur toutes les personnes qui se prononcent pour le oui ou pour le non, j’aimerais savoir combien ont une véritable “vie sociale” européenne. Ont-ils des amis étrangers, européens ou non ? Savent-ils comment relativiser leurs opinions une fois confrontés à celles de personnes d’autres nationalités ou cultures ?
A mon sens, il est impossible de se prononcer pour le non une fois qu’on a pris toute la mesure de l’importance très relative des débats à la française, toujours très théoriques, faussés de par les termes mêmes dans lesquels ils s’expriment, issus de certitudes séculaires qui ne peuvent résister à une bonne analyse pénétrante émanant d’un point de vue non hexagonal.
Le problème des “nonnistes” est l’incapacité où ils se trouvent de définir pour eux-mêmes une identité autre que franchouillarde. Ils ont l’égocentrisme du “A” face à ce qui n’est pas A, au “non-A”, à tous ces Allemands, Anglais, Danois, etc., dont, au bout du compte, ils ne connaissent rien. Exemple : ils croient être issus de la “patrie des droits de l’homme”. C’était vrai en 1792. Aujourd’hui, il suffit de se rendre ailleurs en Europe, d’avoir une simple petite discussion avec un “non-A” pour se rendre compte que les droits de l’homme, ce n’est plus nous qui les détenons par une sorte de priorité historique.
Il y a beaucoup d’endroits en Europe où l’on est plus libre qu’en France ; quant à ceux où on l’est moins, eh bien, justement, on pourra grâce au oui leur enseigner comment l’être davantage, si l’on s’en sent capable. Idem pour l’Egalité, à propos de laquelle on n’a vraiment grand chose à dire en France face à d’autres Européens. C’est une évidence quand on voyage.
Croit-on vraiment chez les “nonnistes” que le reste de l’Europe attend notre modèle de protection sociale pour s’incliner devant son “évidente” supériorité ? Un rappel : la 1ère sécurité sociale en Europe a été fondée par… Bismarck. La 2ème a été l’oeuvre des Tchéques ! Les Français n’ont fait que les imiter, avec beaucoup de retard.
Découvrons-nous nous-mêmes : devenons “A” en apprenant ce qui n’est pas “A”. Il n’y a pas d’autre identité nationale qui vaille.
La Constitution n’est qu’un faible moyen, mais alors vraiment très faible, nous permettant de faire un tout petit pas de plus vers cet apprentissage de la ou des réalité(s).
Jaycib
Réflexions autour du paragraphe 2 de l’article I-3 du projet de constitution européenne
Ce paragraphe dit ceci :
« L’Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, et un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée. »
pourquoi s’intéresser plus particulièrement à cet article concis qui semble porteur des intentions les plus nobles : liberté, justice ? Pour la simple et bonne raison que la notion de liberté (assortie de celles de sécurité et de justice) est ici, de façon explicite, articulée à celles de marché intérieur et de concurrence libre et non faussée ! il est donc question ici non pas d’une notion de liberté héritière des idéaux tels que la République les rêva (Liberté, Egalité, Fraternité) mais d’une liberté renvoyant à l’idée de marché et de concurrence, c’est à dire à une liberté des acteurs économiques désireux de disposer d’un espace de libre échange des facteurs de la production au sens de l’économie néo-classique (libre circulation des capitaux et de la main-d’œuvre, avec leurs corollaires concernant le dépérissement des pouvoirs des Etats). Cette liberté-là assujettie à l’économique est typiquement héritière de celle qui selon les croyances d’Adam Smith devait permettre à la « main invisible du marché » de réguler l’activité industrieuse et mercantile des hommes dans le sens de l’intérêt général. Nous savons à quoi nous en tenir sur ce plan !
Mais il n’est pas anodin que ce vieil avatar idéologique symbolisant une puissance qui se situerait au dessus de la condition humaine pour son plus grand bien face à nouveau son apparition et qui plus est dans un texte qui aura valeur de constitution ! En effet, associer la liberté à l’économique invite à associer la sécurité et la justice à la défense des droits des acteurs économiques qui ont intérêt à la pérennité d’une économie libérale…suivez mon regard ! La justice sera convoquée alors pour assurer la sécurité de ce qui assure le socle d’une société de liberté de l’échange : la propriété privée des moyens de production et d’échange ! Il s’agit dans ce cadre non pas d’un projet humaniste aux élans démocratiques mais de façon plus rabougrie d’une formalisation de ce qui a toujours été la philosophie d’une classe dirigeante âpre au gain, dure pour autrui et par dessus tout prête à tout pour sauvegarder son bien le plus précieux : son idéal ? non, son argent ! ce sont en fait de valeurs sonnantes et trébuchantes dont il est question dans cet article et des moyens de les préserver !
Non seulement tout ceci n’est pas anodin mais peut se révéler terrible si l’on songe à la conception de l’ordre social qui est sous-tendue par cette approche. Un « philosophe des libertés » nous a déjà (presque) tout dit et nous permet ainsi de mieux comprendre de quoi il est vraiment question :
« la propriété est sacrée parce qu’elle représente le droit de la personne elle-même », « Vous qui avez faim, je me sens le devoir de vous secourir, et vous n’avez pas le droit d’exiger de moi la moindre partie de ma fortune : et si vous m’arrachez une obole, vous commettez une injustice. Il y a ici des devoirs qui n’ont pas de droits corrélatifs. », « en méconnaissant cette importante vérité , on ouvre la porte aux plus funestes erreurs. Par exemple l’Etat a le devoir de venir en aide , en une certaine mesure, aux ouvriers dans les temps de chômage involontaire, en les employant à de grands travaux d’utilité publique ; mais il est faux que l’ouvrier ait droit au travail, comme on le dit aujourd’hui, car tout droit vrai emporte l’idée qu’on peut l’assurer par la force. L’ouvrier n’a pas plus droit au travail que le pauvre n’a droit à l’assistance ; ou si le pauvre a ce droit, il peut l’imposer : au lieu de s’adresser à la charité , il peut invoquer la justice, me faire un procès, ou même m’arracher de force ce que je ne lui donnerais pas. Proclamer des droits mensongers, c’est mettre en péril des droits certains. On peut très bien rappeler aux particuliers et à l’Etat le saint devoir de la charité, sans conférer à la misère de prétendus droits qu’elle accueille avec ivresse et revendique le glaive à la main. »
tout y est ou presque : la liberté de posséder et le pouvoir de requérir la justice pour assurer la sécurité de la propriété privée; pour les parias de ce monde : une éventuelle condescendance et encore…
Ces phrases tirées de « justice et charité » par Victor Cousin ,en 1849, qui fut philosophe et ministre de l’instruction publique, trouvent échos dans les thèses récentes d’un Luc Ferry, ci-devant ancien ministre de l’éducation nationale, qui parle de droits-libertés (droit de propriété notamment) et de droits-créances (au travail, à la santé, au logement,…) qui pour lui sont du domaine de la raison mais pas du domaine du réalisable (tout au plus ce sont des objectifs souhaitables !).
Ces notions ne se retrouvent-elles pas sans beaucoup de modification d’ailleurs dans les formules utilisées dans le projet de constitution européenne notamment : article I-3 paragraphe 3 « …, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social,… »
La constitution de l’Europe des commissaires… C’est-à-dire une constitution européenne qui fait progresser la bureaucratie plutôt que la démocratie :
[ Tout en respectant le schéma du triangle institutionnel traditionnel de la construction européenne (Commission, Conseil, Parlement), le projet de traité " constitutionnel " innove cependant de manière sensible avec :
1- la mise en place d'un système institutionnel de type fédéral
- par une plus grande indépendance de la Commission vis-à-vis des Etats, en particulier en la soustrayant au contrôle du Conseil (elle seule semble-t-il est digne de promouvoir " l'intérêt général européen ", ce que saura toujours apprécier à sa juste valeur la Cour de Justice) ;
- par le monopole confié à la Commission de la représentation extérieure de l'Union européenne qui conduira certainement à bref délai à contester à la France son siège de membre permanent au Conseil de sécurité pour le confier à la Commission européenne ;
- par l'institution de fait d'un parlement à deux chambres : une chambre des Etats (le Conseil législatif) et une chambre des peuples (le Parlement européen), les deux dialoguant à égalité dans le cadre de la procédure de co-décision qui devient " la procédure législative de droit commun " ;
- l'affirmation de la supériorité de la " Constitution " européenne et du droit européen sur le droit et les Constitutions nationales
- par la confirmation de la jurisprudence antérieure de la Cour de Justice quant à la suprématie du droit communautaire sur le droit national ; (elle avait qualifié dès 1986 les traités européens de " Charte constitutionnelle de base ") ;
- par l'abaissement du droit des Etats avec l'élévation des actes communautaires à une dignité jusqu'alors ignorée, la directive devenant " la loi-cadre européenne", le règlement " la loi européenne " et de nouvelles catégories d'actes étant créées comme " les règlements délégués " ; cette novation fédérale semble quelque peu présomptueuse dans la mesure où ni le Parlement européen, ni, a fortiori, le " Conseil législatif ", ne peuvent prétendre représenter un peuple européen de pleine souveraineté ;
2- l'achèvement du processus de transfert des compétences étatiques aux institutions européennes sans délimitation des compétences fédérales
- par le renforcement des compétences exclusives (monnaie, politique commerciale commune, douanes, politique commune de la pêche) ;
- par la confirmation de compétences partagées (marché intérieur, sécurité intérieure, agriculture et pêche, transports, cohésion économique et sociale, environnement, protection des consommateurs) ;
- par l'absorption de nouveaux domaines comme l'énergie ou l'espace (compétences où les Etats ne pourront plus intervenir si l'Union décide de les mettre en oeuvre) ;
- par la création de " domaines d'action d'appui, de coordination ou de complément " qui permettent de vider toutes les politiques nationales (industrie, amélioration de la santé humaine, éducation, formation professionnelle, jeunesse et sport, culture, protection civile) ;
3- l'attribution à l'Union des attributs de la souveraineté étatique
- par un drapeau, par un hymne, " l'hymne de l'Union est tiré de l'Ode à la Joie " ;
- par une devise, " Unie dans la diversité " ;
- par une monnaie, " l'euro " ;
- par une fête nationale : " le 9 mai, journée de l'Europe ". ]
Avec cette belle synthèse de Jacques Myard, on voit que le projet de constitution européenne c’est vraiment le projet de mettre fin à nos bonnes vieilles démocraties européennes.
Une nouvelle Europe de commissaires tout-puissants déconnectée des peuples qui la composent. Un super-gouvernement technocratique qu’on présente comme obligatoire au prétexte que la complexité du nouveau monde exige des compétences pointues exercées dans un cadre global. C’est à dire, en définitive, des peuples européens dépossédés de leur souveraineté, qui n’auront pas voix au chapitre…
Un super-état fédéral européen tout beau tout neuf. Pour un Nouvel Ordre Mondial…
Le 29 mai je dis NON merci ! Je garde ma démocratie !
La Constitution n’est pas dangereuse pour les Etats membres, elle ne fait que figer des valeurs admises depuis des dizaines d’années par tous, des fondements éthiques et non je ne sais quelle mesure gouvernementale contre le chômage ou pour la croissance économique. Elle n’aura aucun effet sur nos problèmes nationaux (emploi, santé, éducation). Arrêtons de l’accuser d’empirer comme de résoudre tous les maux du monde, elle est totalement neutre: ni libérale, ni sociale et de toute façon sans impact dans notre vie quotidienne.
Voter OUI c’est voter oui à l’Union des Nations dans son principe, envoyer un message de soutien à tous nos amis européens. Voter NON c’est alimenter le cliché selon lequel les Français ne pensent qu’à eux et à leurs considérations purement nationales et enfin avouer que les Français n’ont rien compris à l’Europe.
ça fait du bien de dire ce qu’on pense
A propos de l’intervention de Chirac sur TF1…
Quel est le bilan de cette Europe là ; le niveau de vie des Français en chute libre, l’explosion du chômage plus qu’ailleurs, une France dans les derniers de la classe au niveau des salaires, la libre délocalisation des emplois… C’est cela le nivellement social par le bas “à la bruxelloise”. Et que dire avec un élargissement à 25 et bientôt plus encore ; bientôt, le niveau du smic actuel ce sera du luxe…
Voilà sur quoi les jeunes Français voulaient sensibiliser leur Président. Triste spectacle de voir un Chirac paniqué, les yeux apeurés appelant à l’aide, étonné et alarmé par cette confrontation inattendue à la réalité sociale de la jeunesse française, problème aigu sur lequel il n’est manifestement pas très impliqué, ni mobilisé…
Et ces jeunes Français répétaient à juste titre la même question au premier oui-oui de France ; “qu’est-ce que la constitution va changer à cette situation?” Eh bien, étant dans l’impossibilité de répondre (la bonne réponse est “rien”, la constitution européenne c’est la continuité dans l’échec) il bottait à chaque fois en touche, se complaisant effrontément dans le mensonge pendant 2 heures. La seule fois où il a dit vrai c’est lorsqu’il a dit ; “même si le NON gagne, je reste”.
Chirac, incapable d’appréhender la situation de la jeunesse de son pays et d’apporter des solutions issues de la constitution européenne (il n’y en pas) se contentait de leur dire ; “vous qui êtes au chômage, qui avez un emploi précaire ou sous-qualifié par rapport à vos diplômes, qui êtes sous la menace de délocalisations,… vous devez être fiers de cette Europe et ne pas avoir peur”! Sans commentaire…
Pour le 29 mai, il faut dire aux Français :
“N’AYEZ PAS PEUR DE DIRE NON !”
Le camp de la peur n’est pas celui que Chirac et autres dénoncent ; les peureux ce sont les partisans du OUI. Ce sont eux les résignés, ils ont jeté l’éponge en étant favorables à la constitutionnalisation de cette Europe bureaucratique et de son marché sans âme qui échoue socialement, humainement. Ce sont les oui-oui qui ont peur de changer d’Europe.
La France en disant NON ne sera pas comme le dit Chirac le “mouton noir” de l’Europe ; la France sera au contraire une locomotive européenne pour le changement. Et contrairement à ce que prétend Chirac, la France entraînera dans son sillage d’autres pays européens.
29 mai 2005 : N’AYONS PAS PEUR DE DIRE NON !